...le blog simplet d'un citoyen lambda...

VOX CLAMANTIS IN DESERTO

mardi 30 novembre 2010

Le vôtre au milieu de Gbagbo et Ouattara…



Ça se passe loin de chez nous et pourtant des milliers de mauritaniens sont concernés. Ça se passe loin de chez eux, pourtant des centaines de milliers d’étrangers vivant là-bas tremblent aujourd’hui avec les millions d’ivoiriens qui n’en peuvent plus, craignant encore les larmes, les cris et le sang. C’est partout pareil en Afrique dès qu’il y a une élection présidentielle.

Mais la Côte-d’Ivoire ce n’est plus un de ces petits pays africains où on peut trafiquer les élections, garder le pouvoir sans que personne ne bronche. Là-bas, les enjeux sont tels, le pays est si riche, qu’il n’est pas question de se taire ni de se laisser faire. A cette heure, le pays tremble et nous avec. Ce serait un miracle que la CEI dise les résultats et que chacun rentre chez soi en acceptant le verdict des urnes or rien n’est moins sûr.

Le verdict des urnes a un sens quand n’y a pas une religion contre une autre, quand il n’y a pas une ethnie contre une autre ; le verdict des urnes a un sens quand les citoyens appartiennent à des camps qui ont en commun un lien puissant d’identité nationale commune et qui se distinguent les uns des autres que par un programme politique où il n’est question que du chemin vers le bonheur pour tous.

Cette démocratie importée est-elle une solution pour l’Afrique ? Question mille fois méditée… mais quoi d’autre ? En occident déjà ce n’est pas la panacée, là-bas, les peuples sont aussi bernés qu’en Afrique et la désinformation et la manipulation vont bon train, mais sur le chemin de la démocratie, ils ont juste quelques longueurs d’avance mais eux-mêmes n’y sont pas parfaitement arrivés.

Tout ce qu’ils ont de plus que chez quelques uns parmi nous, c’est les élections loyales, libres, transparentes et le respect du verdict des urnes, à part ça, c’est pareil ! La corruption semble être née là-bas, et n’eût été une justice qui va mieux que chez nous, tous les crimes économiques se feraient à ciel ouvert… Là-bas, il y a scandale quand l’affaire sort publiquement, tandis que chez nous tout se sait et le peuple ne bouge pas car sa force est dépeuplée…

En France par exemple, le peuple devient maintenant comme nous, il ne bouge plus car la France est le premier consommateur d’antidépresseurs, ça va mal mais au lieu de diriger sa rage vers le pouvoir, on la dirige vers soi et ça nous ronge de l’intérieur : le tout avec la bénédiction d’une mondialisation qui permet au pouvoir politique d’être responsable mais jamais coupable…

Tout ça pour dire que de démocratie véritable achevée où les peuples vivraient lucides et militants sous des régimes propres, impossible d’en trouver de la sorte nulle part au monde. La démocratie est un idéal, reste qu’il vaut mieux être au-delà des 50% du chemin à parcourir qu’en deçà…

Les africains veulent faire comme les européens alors qu’ils ont reçu la démocratie en Kit sans le mode d’emploi, sans les outils pour la construire, seuls ceux qui ont des armes savent se servir de la terreur aussi vieille que l’humanité pour dompter les peuples… et chaque fois comme en côte-d’ivoire actuellement où l’on sent que ça va exploser ! comme ce fut partout le cas en occident pour atteindre et dépasser les 50% du chemin à parcourir, 50% qui permettent au pacte républicain d’avoir son histoire, son sang et son « plus jamais ça », voilà que comme moi, le monde entier dit « non, faites la paix, c’est mieux… »

En effet, c’est toujours mieux… pourtant il faut bien trouver une solution à ces régimes présidentiels importés. Les africains doivent réfléchir à leur propre système…

En définitive qu’est-ce qui compte quand la confiance ne règne nulle part ? Comment sortir de l’impasse quand celui qui perdra accusera toujours, à tort ou à raison, l’autre d’être un tricheur ? Y a-t-il une autre solution que gouverner ensemble quand chaque camp est incontournable ?

Voyez en côte-d’ivoire, vous avez trois candidats ayant quasiment chacun eu au premier tour 33%. Tout le monde est d’accord pour dire que ces résultats-là sont bons. Pourquoi aller plus loin ? Pourquoi chercher à concilier l’inconciliable ? Pourquoi dire à qui représente 30% de la population, « vas, tu as perdu, c’est fini pour les vôtres…» ?

Pourquoi ne pas les faire gouverner ensemble ? Pourquoi ne pas réfléchir à un autre modèle que celui de la présidentielle telle que nous la subissons…

Les puristes, les révolutionnaires, vous diront « les urnes ont parlé, qu’il parte ou on fait tout péter », les autres disent « on a gagné, on y reste sinon on fait tout péter »

Et au milieu de ces terribles dangers, mon fils, le vôtre, les leurs… Des enfants, des vies, des avenirs… aux mains des politiques…

Etre responsable n’est pas un vain mot…
Que Dieu protège les peuples des politicards…

lundi 29 novembre 2010

Aziz druide du maniement qui remanie lent…



A Nouakchott, la tension a atteint son paroxysme…Il règne un silence de mort comme si le vizir était mort et qu’on attendait de dire « vive le vizir ! ». Une rumeur sourde annonce que la peau du P.M est loin d’être gagnée… Il pourrait rester… Après tout pourquoi pas ? C’est un P.M sans prétention, ce n’est pas Iznogood. Il passe les plats sans clash sans tambour ni trompette comme un majordome soucieux ni de plaire ni de déplaire et qui se dit chaque jour « tiens ! Je suis encore là… »

N’est-ce pas là un excellent P.M dans le pays du million de salons, du milliard de croche-pieds, du billard de poignards dans le dos… Pays du « mereuhbe qui tue, du woni qui empoisonne… ». Pourquoi changer un cuisto du marou l’ham, banaveu, keuskeus, marou sauce vo khlasss. C’est un cuisto des jours qui se suivent à la queue leu-leu comme les croix d’un prisonnier du bonheur conjugal…

Pourtant s’il reste, certains vont sans doute imploser avec le sourire en le félicitant avant de s’évanouir en douce la rage aux dents, la bave aux lèvres… Les gens qui veulent sa peau ne se ressemblent pas : il y a ceux qui sont habitués depuis trente ans aux remaniements pour occuper la galerie afin que chaque réseau puisse passer au festin, il y a ceux qui veulent du changement c’est tout juste pour qu’il se passe quelque chose, il y a ceux qui veulent son départ car il est temps tout simplement d’essayer autre chose… un autre automate, une autre bécane, juste pour le fun, pour voir ce qui se passerait si soudain était nommé une flèche, un dragon, un tigre, une lumière ou un foudre de guerre…

Nous verrons bien ce que notre makhzen national nous réserve… Les enjeux sont colossaux, le pays étant en construction et l’ état étant la première entreprise du pays : que de marchés de gré à gré, que de délits d’initiés, que de trafics d’influence , le tout présumé bien entendu car il faut tout de même rappeler que ce qui distingue l’UPR du PRDS, c’est que l’UPR c’est le parti des gens qui veulent le bien du pays avant leur panse ; c’est la raison pour laquelle le « P » est en tête du PRDS , quand il est au milieu de l’UPR ; de l’un à l’autre c’est sans doute juste une question de place, d’avancement, de temps…

Restent les autres : les ministres ! Est-il temps aussi qu’ils aillent au diable… Comment vont-ils tenir quand en face un million de prétendants attendent leur tour chacun avec son ticket promis gagnant par une source introduite…

Dommage qu’à part les opérateurs téléphoniques, la loterie islamique soit interdite sinon on pourrait miser sur tel ou tel nom en public et gagner de l’argent ou en perdre en perdant son temps, une façon comme une autre de mettre à profit la soif d’en être…

Pour ma part, juste pour guérir les mauritaniens de cette soif de remaniement, j’aimerais qu’Aziz ne remanie ni ne manie rien ! Peut-être alors les aigris, les déçus se mettraient à s’exprimer en sachant qu’ils n’auront de toute façon rien… Peut-être alors verrions-nous enfin renaître ce qui manque tant aujourd’hui, ce sans quoi tout est une course sur le trottoir de la république, ce qui permet de donner un sens et une portée aux scoops, aux scandales, ce qu’on appelle vainement l’opinion publique !

L’opinion publique n’a jamais été aussi morte qu’aujourd’hui ! On dirait que le ressac après la crise constitutionnelle est définitivement achevé, le bras du fleuve, tout modeste qu’il fut, est rentré dans son lit. Tout dort comme il paraît que ça permet de dîner… Tout dort mais que d’un œil, l’œil de l’esclave libéré qui refuse de partir car dehors c’est plus dur…

Et au bout du rêve, Aziz qui promet le dialogue à l’opposition qui jubile sans savoir que dialoguer c’est aussi discuter mais ni l’un ni l’autre en français ne signifie négocier !

Encore une victoire…

Ajib

dimanche 28 novembre 2010

J’en reviens pas ! Quel gâchis !




Même si les exemples en la matière sont légion, reste que si par manque de lumière on aura déjà tout vu, voilà que même avec des lumières à l’appui les esprits éteints n’arrivent pas à s’éclairer… Qui est le responsable d’un tel gâchis ! J’ai appris tôt en début de soirée qu’un feu d’artifice est prévu à partir du palais des congrès.

Je m’attendais pour un « cinquantenaire » à avoir sinon mieux au moins quelque chose qui ressemblerait au feu d’artifice annuel de jeune héritier. Eh bien pas tout ! On dirait qu’ils avaient Aziz en face qui leur disait « attention à la gabegie » et du coup, ils ont tout fait au rabais ! Mais, on peut faire de belles choses même sans grand moyen et même de jolies choses avec un budget anti-gabegie mais ce soir ce n’était pas le cas !

A voir ce que nous avons vu, ils ont dû dépenser quasiment autant que le jeune héritier mais au lieu de faire un vrai feu d’artifice c’est-à-dire un concert de lumières et de sons, ils ont tout gâché en voulant faire durer le feu d’artifice et au lieu de nous faire une démonstration en Dix ou 15 minutes inoubliables , ils ont fait traîner la chose sur plus d’une demi-heure à base d’un boum par-ci un boum par-là comme s’il s’agissait de faire sonner les cinquante coups de canon !

Bilan, à part une ou deux rares envolées à moitié dignes du feu d’artifice du jeune banquier, on a eu droit à l’ennui nullissime d’un chapelet de boums à intervalle régulier. Quel crime ! Quel gâchis ! Avec ce qu’ils ont foutu en l’air, ils pouvaient faire quelque chose de court de beau de digne d’un événement.

Au lieu de ça, ce fut médiocre, comme l’œuvre de médiocres. Cela me rappelle la réponse de Villepin à quelqu’un venant lui dire « tu as entendu les conneries de Debré à la télé ? », et Villepin de répondre, « non, mais qu’espériez-vous ? Un con ne peut dire que des conneries ! »

En voilà, un médiocre ne peut faire que du médiocre…

A part ça, Nouakchott à cette heure est encore plein de monde, les gens en voiture, entre amis, en famille dans les rues, ça klaxonne, ça crie, ça rit, ça bouscule, ça bouge comme un peuple qui a envie de vivre et qui étouffe.

Au Maroc, monarchie absolue, le commandeur des croyants, laisse le peuple vivre et s’amuser, même l’alcool est en vente libre et on fait la pub dans quelques magazines. On aimerait d’ailleurs que les oulémas mauritaniens rencontrent les oulémas marocains pour savoir si l’interdiction de haidallah est un excès ou un exemple que le royaume chérifien devrait méditer…

Faudrait savoir…

Voici l’homme du cinquantenaire par excellence…



En ce jour mémorable du cinquantenaire de notre indépendance sous le règne de l’homme du 18, son excellence, le président de la république islamique de Mauritanie, le général civilisé, le bientôt vénéré Mohamed Ould Abdel Aziz…

Clap-clap clap-clap

J’aimerais avoir une pensée d’abord pour l’incontournable père de la Nation, feu et regretté Moctar Ould Daddah…

Une seconde silence…

Ensuite pour le père de toutes les indépendances, le plus grand français de tous les temps dans l’esprit des franchouillards et des francophiles, son excellence à peine regretté, Charles De Gaulle l’africain. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le bonhomme, retenez tout simplement qu’il a un rapport direct avec notre homme du cinquantenaire national dit l’homme du 18, car De Gaulle est aussi chez les français l’homme du 18 par excellence…

Pour plusieurs raisons

D’abord il est l’homme de l’appel du 18 juin… une date que les jeunes ignorants fêtent en fumant un pétard. Ensuite c’est le 18ème président de la république francafricaine. Cela se vérifie dans ses gênes , car né le 22 novembre 1890 et comme chacun sait :

2x2x1x1x1x8x9= 288 dont la somme fait 18 !
Et enfin mort le 9 novembre 1970 et comme chacun sait, là encore :
9x1x1x1x9x7= 567 dont la somme fait 18 !

Et pour finir, j’aimerais avoir une pensée tout aussi solennelle pour celui qui est par excellence l’homme du cinquantenaire de toutes les indépendances , celui qui était une sorte de père spirituel de De Gaulle, il s’agit du père de la chimie moderne.

C’est l’homme du cinquantenaire, pour plusieurs raisons :

D’abord , il est, comme d’autres, père de quelque chose, en l’occurrence père de la chimie moderne et le moins qu’on puisse dire c’est qu’en politique françafricaine , le père des indépendances sans être devenu sorcier à force d’amour de l’Afrique, il n’en est pas moins resté un alchimiste..

Ensuite parce qu’il a été guillotiné à 50 ans par des indépendantistes français, qui voulaient à l’époque en finir avec la colonisation de la monarchie absolue…

Puis, parce qu’il est le père d’une formule que tous les francophones, de souches compris, connaissent ; formule qui est digne du bilan du cinquantenaire des indépendances « rien ne se perd rien ne se crée, tout se transforme »

Et pour finir parce qu’il est lui aussi lié au 18 magique ou tragique car c’est un chimiste qui a été élu à l’académie des sciences un 18 mai…

Mais ses dates d’existence comme tous les autres concernés par le 18 magique ou tragique portent le signe !
Cet homme du cinquantenaire par excellence est mort à 50 ans le 8 mai 1794
8x5x1x7x9x4= 10080 !
Avec sa date de naissance c’est pareil 26 août 1743
2x6x8x1x7x4x3= 8064 dont la somme fait 18 ! Voir tous les autres calculs avec l’homme du 18 national.

D’ailleurs vous avez remarqué qu’Aziz n’a gracié que 117 prisonniers. Avouez que 117, ce n’est pas loin de 118 mais s’il n’est pas allé jusque-là, c’est qu’il n’a que trop entendu parler de cette affaire du 18 ! mais il n’a pas pu s’empêcher de s’en approcher. Faisons donc un pari vlanien comme d’autres proposent le pari pascalien : Que celui qui n’y croit pas et moi soit maudit si tout cela n’est pas mystique…

Peu importe, une pensée donc à Antoine de Lavoisier père spirituel du père des indépendances offertes, Charles De Gaulle l’alchimiste !



« Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme.. »

Que c’est bien dit ! Billahi !

Nouakchott le 28 novembre 2010, cinquantenaire inoubliable de notre indépendance, dieu merci, je pourrai dire : j’y étais !

Une pensée aux 28 pendus d'Inal...

samedi 27 novembre 2010

L’ancien a parlé : trois morceaux choisis…




1-La littérature sur les indépendances africaines est en crue depuis plus d'un an. On devine la perplexité des jeunes qui sont nés après 1960 par tant de gesticulation et de gaspillages alors qu'ils savent combien ont été médiocres les cadeaux déposés dans leurs berceaux par la Fée dont on commémore l'apparition et la misère matérielle et morale dans laquelle les a laissés 50 ans de chienlit.

Les déclarations d'aujourd'hui, empreintes de vénération et de ravissement, sont difficilement crédibles pour des gens dont le lot quotidien est l'aventure à bord de barques de fortune pour traverser l'Atlantique ou de véhicules branlant affrontant les déserts du Ténéré ou du Tibesti, à moins qu'à l'âge de dix - douze ans ils n'obtiennent un visa miraculeux pour devenir joquets attachés sur les dos de chameaux lancés aux galops pour l'amusement grotesque et cruel des nouveaux riches du Golfe.

A la vérité, ces indépendances étaient programmées pour les résultats auxquels elles ont abouti. Une loi de nécessité historique voulait que des indépendances formelles, octroyées par le colonisateur, à sa convenance, conduisent à un fiasco pour leurs peuples et ce fiasco, ajoutons-le, n'est pas encore parvenu à son terme ultime, à son stade le plus dévastateur, même si tout montre qu'il a dépassé la phase sourde d'incubation.
La décision elle-même, la cascade d'indépendances, a de quoi étonner. Des colonies qu'on avait conquises laborieusement, à prix d'or, avec des sacrifices énormes, en laissant sur le terrain des milliers de morts et la dévastation de territoires entiers, sont lâchées tout à coup, presque toutes, c'est inexplicable, à priori.

La réalité est que ces indépendances n'ont pas été accordées parce qu'on a découvert l'injustice de la colonisation ou parce que le bonheur des peuples de couleurs était devenu subitement une préoccupation morale des puissances coloniales.

Après la défaite française de Dieu Bien Phu, en 1954, le slogan des milieux colonialistes français fut : "Lâchons l'Asie, gardons l'Afrique"…

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2-…Senghor avançait cagoulé. Il faut avouer qu'Houphouët-Boigny, malgré cette perdition, est resté un Africain, un noir dans l'âme, avec toute sa culture traditionnelle et de terroir. Senghor était un déraciné, une espèce de petit blanc, si l'on peut dire, parlant de ses congénères, appréciant l'originalité de l'Afrique et l'exotisme de son pays natal comme en auraient parlé un citoyen de son pays d'adoption, un ethnologue froid et détaché, un touriste de longue durée, un missionnaire au sens de l'Eglise. Du reste parmi les présidents installés par la France en 1960, c'est Senghor qui aurait dû être appelé abbé et non Fulbert Youlou…

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3-…Dans la sphère économique, le néocolonialisme avait mis en place deux systèmes, l'un de combat et l'autre d'exploitation. Les pays qui avaient pris en main leur destin et qui ne pliaient le genou devant personne, comme le Ghana, la Guinée et le Mali, étaient soumis à l'embargo et au boycott, ceux, les plus nombreux, qui avaient gardé les fers aux chevilles, en dépit d'une indépendance de façade, avec un Président, un drapeau, un hymne national, étaient soumis à l'exploitation classique et au pillage, sans contre-partie, de leurs ressources. C'est ce qu'on appelle le supplice de Procuste, le personnage fabuleux de la mythologie grecque.

Procuste rôdait sur les routes menant à Mégare. Il soumettait les voyageurs à un supplice atroce. Il installait ses victimes sur deux lits de dimensions différentes : un grand et un petit. Les grands sur les petits lits et les petits sur les grands lits. Il tirait les membres des petits pour s'ajuster aux grands lits et coupait les bouts des membres des grands qui dépassaient les petits lits.

Quant tout le monde fut ruiné, et qu'on s'est débarrassé des régimes insoumis, on plaça l'ensemble sous la tutelle impitoyable des institutions tristement célèbres de Brettons Woods, Fonds Monétaire International et Banque Mondiale, pour achever la tâche : organiser systématiquement la paupérisation des populations et réduire l'Etat à l'état de loque, en lui enlevant ses derniers attributs.

C'est ce havre où semblent avoir abouti les Indépendances africaines de 1960. Toutes les issues permettant de créer les conditions ou les possibilités d'une indépendance réelle ou toute forme d'union entre deux, trois Etats ou plus, qui dépasse le caractère formel, qui aille vers une unité organique, une union économique ou monétaire autonome, une mise en commun des potentialités et des moyens en vue d'un réel projet politique ou un Etat viable, toutes ces voies ont été bloquées.

Il n'est pas étonnant dans ces conditions que, 50 ans après, l'Afrique soit installée dans la précarité, la précarité comme présent et comme perspective de vie et qu'elle soit semblable au Faust de Goethe, qui, à la fin, voir venir à lui quatre vieilles femmes en gris. Elles avaient pour noms : Pauvreté, Dette, Détresse et Souci.

Tout le texte de l’ancien cliquez ici

vendredi 26 novembre 2010

Vandepoorter, la musulmane et le profil païen !



Notre ami l’ambassadeur de France a réussi par une formule toute diplomatique à berner l’un de nos journalistes les plus talentueux qui est tombé dans le panneau comme presque chacun ! De quoi s’agit-il ? Sans vouloir gâcher la fête, il faudrait tout de même rappeler à notre compatriote qui a reçu la croix de chevalier de la légion d’honneur, que cette décoration est très délicate à accepter par tout musulman soucieux de la portée des symboles !

Un esprit musulman peut-il accepter une médaille sur laquelle est représentée une déesse de l’antiquité romaine ! Déesse de l'agriculture, des moissons et de la fécondité ! Or c’est bien le cas, car le visage de profil qui symbolise la légion d’honneur est le profil de Ceres ! Dont vous pouvez admirer ci-joint la statue à lapider si vous n’êtes pas un ami des arts…

Si le profil représentait une femme imaginaire ou une petite starlette comme c’est devenu la coutume pour les timbres représentant Marianne, là, on pourrait dire que c’est de l’abstrait ; mais un profil représentant officiellement la déesse Ceres, ça craint un peu dans un pays islamique même si chez nous, rien n’est étonnant à ce sujet…

Peu importe, c’est juste une question de principe musulman…

Pour ce qui nous occupe, voilà comment notre ami k.D s’est fait berner par la rhétorique de l’excellence des formules diplomatiques. Vandepoorter n’a jamais dit que la croix de la légion d’honneur est la plus grande distinction de la république française, sinon ce serait mentir car seul l’ordre de la légion d’honneur est la distinction la plus haute mais on y trouve quelques grades dont celui de chevalier est le plus bas… ( Pourquoi face à une si grande dame, monsieur Vandepoorter est-il si chiche… ) Il a dit « Cette distinction, DANS l’ordre le plus élevé de la république Française… »

Toujours est-il que notre ami k.D tombe de « Dans » à un titre sur cridem comme ceci « … Récipiendaire de la plus haute distinction de la République française »
Ce n’est pas complément juste ni totalement faux…

Ne chipotons pas ! A cheval donné, on ne compte pas les vrérates…Un jour inch’allah la république française adoptera une légion d’honneur laïque et non païenne…

En attendant, Merci Excellence, La nation islamique à jamais reconnaissante…

ou presque...

On vit plus longtemps en Mauritanie qu’au Sénégal…

Comme tout citoyen lambda qui a une connexion internet, j’ai l’esprit tout plein de ce cinquantenaire de pacotille. D’habitude, le 28 novembre passe quasiment inaperçu sauf pour celles et ceux qui n’oublient pas les 28 pendus d’Inal ; mais ce 28 novembre étant celui du cinquantenaire 18-32, c’est l’heure des bilans ; alors j’ai voulu savoir quelle est notre espérance de vie après 50 ans d’interdépendance 18-32.

Grâce à un outil Google performant ayant pour source « banque mondiale, indicateurs de développement dans le monde… » avec une dernière mise à jour au 25 novembre 2010, je découvre que nous avons une espérance de vie supérieure à celle des sénégalais et des maliens… Pourtant quand on va au Sénégal on a l’impression d’avoir affaire à un pays développé face auquel le nôtre semble un peu à la traîne car nous partons de rien, n’ayant rien reçu en héritage de la colonisation que la pacification et nos frontières actuelles …

Parmi nos voisins, les maliens sont les plus fatigués deissane, et aujourd’hui ils ont quasiment la même espérance de vie que nous en 1960 !

Autre surprise, on vit modestement plus longtemps en Algérie qu’au Maroc malgré le fait que le Maroc semble plus sûr… Quasiment au même niveau que nous en 1960 soit à peu près 48 ans, tous d’eux ont dépassé de loin les 60 ans d’espérance de vie, quand nous, depuis 199O, on stagne autour de 56 ans… Ce qui correspond à peu près à l’époque de la gabegie… mais vu que Taya est parti depuis quelques temps déjà, pas d’amélioration depuis, c’est donc la preuve qu’il faut du temps pour digérer… trop de viande de mouton c’est mauvais pour la santé…

On note aussi, toute proportion gardée, que la courbe du Ruanda connaît un chute terrifiante de l’espérance de vie jusqu’à atteindre moins de trente ans à la funeste époque quand celle de la Mauritanie ne tremble pas, même pendant les événements de 1989, ce qui prouve qu’il y a eu plus de déportés que de morts… C’est déjà ça de gagné…

Voilà ce qu’on peut lire sur ces courbes que je vous invite à visiter. C’est très simple : cliquez sur le pays à gauche et vous verrez la courbe de son espérance de vie par rapport à la nôtre…

cliquez ici

jeudi 25 novembre 2010

Aziz pris au piège d’un colloque françafricain pro Rabat !



Pour fêter le cinquantenaire de notre indépendance, le Quai d’Orsay n’a rien trouvé de mieux à faire qu’envoyer sur notre dos une flèche makhzenienne à leurs amis algériens. Comment justifier autrement qu’on se serve de notre modeste C.E.R.O.S national pour jouer au plus fin à des fins politiques dangereuses. Le tout, en faisant que ce colloque « international » organisé avec l’antenne du quai d’Orsay à Rabat, soit sous le haut patronage du chef de l’état mauritanien !

Quand on pense que le Maroc a mis 9 ans avant de reconnaître la Mauritanie, qu’est-ce que Rabat vient faire seul à un colloque international pour faire le point en ce cinquantenaire de l’indépendance ? Pourquoi ne pas faire un colloque avec nos amis tunisiens qui eux nous ont reconnus les premiers dès le lendemain de la proclamation de l’indépendance ? Pas un chercheur tunisien invité ! Pas un chercheur algérien ! Pas un chercheur sénégalais ! Ni malien !

C’est assez lamentable venant de tels savants que d’accepter de faire le jeu des politiques. Vous pouvez voir le programme sur le site du CNRS et s’il disparait, vous pouvez me contacter par mail.

cliquez ici


Pour nous faire avaler la pilule empoisonnée, le communiqué ne parle pas du quai d’orsay directement derrière tout ça, avec le sourire reconnaissant de rabat, mais juste du fameux Centre Jacques Berque de Rabat !

Qu’est-ce le Centre Jacques Berque ? Jacques Berque tout le monde connaît, ça en impose ! Mais le centre n’est rien qu’une antenne de l’ambassade France au Maroc. A tel point que le centre n’a pas même d’adresse électronique indépendante de l’ambassade de France au Maroc. S’il est vrai que c’est un centre de recherche indépendant pourquoi ne pas lier son adresse à celle du CNRS.

Voici l’adresse du fameux centre : www.ambafrance-ma.org/cjb

Il n’y en a pas d’autre ! Et même sur le site officiel de l’ambassade de France au Maroc, impossible de trouver trace d’un si illustre centre de recherche ! Je vous invite à y aller ! Vous ne le trouverez que dans un troisième tiroir ! Dans un coin reculé du site ! Allez d’abord sur « Université et recherche « puis cliquez sur « Les outils au service de la coopération universitaire et scientifique » et là tout en bas, après L’Espace Campus France qui a son propre site comme tous les instituts français, après le Club France Maroc, vient le célèbre Centre Jacques Berque avec lequel notre C.E.R.O.S national organise ce colloque en partenariat avec l’ambassade de France à Nouakchott.

Voyons ce que dit l’ambassade de France au Maroc du centre jacques Berque :
« Placé sous la double tutelle du CNRS et du Ministère des Affaires Etrangères et Européennes, le Centre Jacques Berque est un centre de recherches en sciences sociales situé à Rabat. Fondé en 1991, il héberge un centre de documentation et d’information ouvert aux chercheurs et doctorants ; il coordonne et dirige des programmes de recherche associant des doctorants français, marocains et européens ; enfin il valorise des partenariats conjoints à travers la diffusion et la publication de leurs travaux de recherche. "

Voilà !

Qu’est-ce qu’un petit centre pareil créé pour aider les chercheurs marocains vient faire seul pour fêter notre cinquantenaire d’indépendance ?

D’autant plus, merci la France, que pas plus tard que le 25 et 26 juin dernier se tenait à Rabat encore, un autre colloque Centre Jacques Berque – C.E.R.O.S sous le thème « «Mauritanie Pays-frontière et pays-pont, Circulations, échanges, brassages et conflits : La construction nationale à l’épreuve de la frontière…».

Certains chercheurs iront aux deux ! Il faut dire qu’il n’y en a pas tant au fait de ce qui se passe par ici…
Ali Bensaâd
Pierre Bonte
Francis De Chassey
Jean Schmitz
Amel Daddah
Aline Tauzin
Yahya OULD EL BARA
Armelle Choplin,
Laurence Marfaing

On se souvient du tollé général ! La tribune avait fait paraître à l’époque un papier qui fut diffusé sur cridem et taqadoumy avec ce titre éloquent

" Etudes mauritaniennes : Loin des yeux… et des oreilles concernées… "


Et l’auteur de se poser alors quelques bonnes questions :

« Ne pouvait-on pas inscrire un tel colloque dans le cadre des festivités du cinquantenaire du pays ? Est-ce que le Centre Jacques Berque de Rabat ou le CEROS mauritanien ont anticipé un refus des autorités ? Ou est-ce une manière de traiter le traiter la Mauritanie, une manière pour les organisateurs de dire ce qu’ils pensent réellement du pays ? Pourquoi ne pas prendre en compte tous les «contentieux historiques» ? Eviter pour cela le Maroc (vieille revendication), le Sénégal (AOF), le Mali (Fédération du Soudan et problèmes actuels) et la France (colonisation), et organiser le colloque sur le seul sol qui l’aurait accueilli sans «préjugés» : en Mauritanie. »

Ce n’est certainement pas J.D du QDN qui se poserait de telles questions…

L’auteur a été finalement entendu ! La France, dans sa grande et haute estime de notre indépendance, organise de nouveau un colloque international avec son antenne de Rabat… Merci…c’est un cadeau réchauffé du meilleur goût ! Venant de l’élégance à la française, on pouvait s’attendre à mieux ! On note que la démocrassie « passifs et perspectives » n’est pas à l’ordre du jour du cinquantenaire ! On comprend… Voilà pourquoi tout ce beau monde ira clore le colloque à l’ambassade de France…

Tout est dit…

Pour finir, merci à cridem de ne plus employer des logos qui n’ont rien à voir avec les centres en question. Le logo Ceros que tout le monde voit depuis hier sur cridem est un faux !



Cridem a utilisé le logo d’une entreprise de communication du web, http://www.ceros.com/

voici le logo du C.E.R.O.S concerné.


Nous espérons que notre C.E.R.O.S national aura de plus significatifs appuis de l’Etat mauritanien afin de s’affranchir de si politisés soutiens… J’espère qu’ils auront un jour un site internet. En attendant, à propos des chercheurs qui participent pour la première fois aux colloques Jacques Berque Ceros, je vous invite à aller voir le programme sur le site du CNRS, vous verrez alors, si vous êtes régionalistes et tribalistes, qui sont les plus savants du pays !

Et enfin, je rappelle pour finir qu’il n’y a pas de chercheur anglais comme indiqué sur le communiqué paru sur cridem mais des canadiens remplacés par des points de suspensions…

Voici le communiqué :

« Sous le Haut patronage du président de la république, SEM Mohamed Ould Abdel Aziz et sous la présidence effective du 1er ministre Dr Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, le Centre d’Etudes et de Recherches sur l’Ouest Saharien (CEROS) organise à l’occasion du cinquantenaire de la Mauritanie un colloque international sous le thème :

« Connaissance de la Mauritanie : le point sur la recherche en sciences sociales ». Ce sera au Palais des congrès, les 27, 29 et 30 novembre 2010 Colloque est organisé en partenariat avec le Centre Jaques Berque, de Rabat, et l’Ambassade de France en Mauritanie.

Ainsi, les 27, 29 et 30 novembre, près d’une cinquantaine de chercheurs et universitaires ; mauritaniens, français, américains, anglais, espagnols, allemands… vont se retrouver au Palais des congrès de Nouakchott.
Tous plancheront, pendant 3 jours, sur des sujets relatifs à l'histoire, à l'anthropologie, à la sociologie, à la géographie, à l’économie, au droit, aux études linguistiques et littéraires et aux travaux sur le patrimoine du manuscrit mauritanien.

Le colloque qui se déroulera en trois langues (arabe, français, anglais), et vu la présence d’un nombre important de chercheurs internationaux, donnera un cachet scientifique particulier et rigoureux aux travaux. Il abordera, entre autres thématiques :

- Sources et écritures de l’histoire. Les échanges iront de l’archéologie à l’histoire contemporaine.

- Culture et patrimoine. Il s’agira d’évoquer le manuscrit mauritanien, mais aussi les divers aspects culturels des composantes de la société mauritanienne au fil des générations, sur le mode oral («traditions», poésie, musique…).

- L’Islam et ses formes d’expression en Mauritanie.

- La Mauritanie à l’heure de la mondialisation

- Géographie, anthropologie et sociologie urbaines

Au plan politique, et social, on parlera des tribus et de leurs recompositions dans l’espace de la modernité et de la gestion du pouvoir. Enfin, les conférenciers traiteront de l’éducation, des langues et de la littéraire. «

mardi 23 novembre 2010

Hélas… La charmante Cavalcanti nous quitte…

Voilà, c’est fait : l’atelier collectif a présenté ses travaux, en avant-première, a un public trié sur le volet. Le vernissage a eu lieu hier à 18H au musée national. Le commun des mortels peut découvrir les œuvres jusqu’au 14 décembre au musée national, ainsi que la fresque qui meuble un mur de l’espace de la biodiversité juste en face.

Je tiens à remercier A.D et L.B de l’ambassade de leur précieuse délicatesse… Hélas ! Une fièvre imprévisible, sans doute celle des fauchés, m’a terrassé ; me clouant au lit hors réseau… Dieu faisant bien les choses comme toujours, j’ai pu dépêcher sur place un envoyé spécial sourd et muet qui me rapporte cet inestimable reportage photo que nous vous proposons avec le regret de ne pouvoir le commenter autrement…

Pour ce faire, laissez jouer votre imagination, vous entendrez la satisfaction de tous, la considération vouée aux artistes qui ont reçu chacun une attestation ravissante. Il faut dire que les U.S.A ont une certaine coutume en matière de remise des diplômes qu’on ne trouve plus ailleurs sur le vieux continent…

Une plaque avec le nom des artistes est fixée à côté de la fameuse fresque… et tous les invités ont reçu en arrivant un document très instructif que chacun a pu rapporter chez soi contenant les photos de tous les artistes et les informations les concernant… Tout-à-fait adorable…

Le fantastique directeur du musée a offert à notre charmante invitée quelques cadeaux bien choisis qui permettront à la Cavalcanti de repartir l’esprit plein de l’hospitalité légendaire du pays du million de poètes !

Seul bémol : En lui souhaitant la bienvenue dans notre charmant pays, je tiens à dire au tout nouveau fringant Jamie Ravetz conseiller culturel chargé de relations publiques, que je n’ai pas eu l’honneur de rencontrer, qui chapeaute tout ça… que la salle de notre musée national n’est pas l’arrière-cour d’une salle des fêtes d’une banlieue quelconque ou une antenne lambda de la maison des cinéastes, il s’agit , comme son nom l’indique, de notre musée national !

Aussi, quand le directeur collabore, comme il peut, en mettant à votre disposition sa salle principale, le minimum serait peut-être de ne pas l’humilier et de joindre son nom à ceux qui invitent… Voilà c’est dit, j’espère que je ne vais pas me faire ainsi quelques amis de plus et que l’ambassade saluera cet élan de sincère amitié afin que de pareilles entorses à la diplomatie ne se reproduisent plus…

Pauvre musée ! Parlons-en, deissane, si vous lui retirez l’honneur d’être cité comme co-organisateur même s’il n’a pas un radis, que lui reste-t-il ? Sachez que notre musée fut pillé du temps de la gabegie. A l’époque, dès que quelqu’un venait dire bonjour, les autorités lui offraient une pièce de notre patrimoine.

De là que le musée, à part la bibliothèque, ne contient quasiment que des flèches taillées ou des pierres polies vestiges d’une histoire millénaire, ainsi qu’un canon qui prétend être de la méduse…On y trouve aussi des poteries inestimables ... Mais de traces de cette illustre culture dont on nous rebat les oreilles, il n’y a rien…

Tout est poussière et est retourné à la poussière…

Sans plus attendre ! Sans cridem comme si vous y étiez…

maxi reportage photo
cliquez ici

lundi 22 novembre 2010

Birame – Aziz : bras de fer subliminal pour un séjour en prison…



Ce que Birame dit, nul autre que lui n’oserait même y penser en public. On dirait qu’il fait tout pour recevoir du pouvoir un ticket pour la prison. La liberté d’expression est une chose, la diffamation en est une autre. En déclarant que les généraux sont mêlés à la drogue, Birame franchit quelques centaines de mètres de plus vers la prison, sans parler du risque de se voir casser les os par des inconnus voire liquidé par quelques illuminés téléguidés suite à ses déclarations selon lesquelles nos imams et érudits auraient trahi la religion de Dieu.

Tenir de tels propos venant d’un homme qui a le soutien de quelques organisations internationales pour la défense des droits de l’homme, ce n’est pas rien. Il ne s’agit plus là des paroles d’un citoyen lambda. Birame, que le pouvoir le veuille ou non, est désormais le leader célèbre d’une cause et les journalistes répondent massivement à ses invitations. Ses sorties sont reprises dans toutes les langues nationales partout jusque dans les « grands » canards comme la Calame, le rénovateur et autres… reprises aussitôt sur les « grands sites » comme cridem, kassataya et autres…

Nul ne peut dire aujourd’hui en Mauritanie qu’il n’a jamais entendu parler de Birame Ould Dah Ould Abeid et son I.R.A qui fait des petits ici et là, de Paris à Dakar en passant par Rosso…

Le silence du pouvoir est devenu douteux…Il n’a plus la crédibilité d’un silence hautain face à la diarrhée verbale d’un empêcheur de tourner en rond. C’est plutôt le silence qui annonce la tempête. Que peut espérer Birame d’une telle tempête ? A quoi peut-elle bien ressembler ?

Un éternel silence méprisant obligeant Birame à se discréditer à force de radotages outranciers… jusqu’à ce qu’il ose passer des paroles aux actes, c’est-à-dire quitter la sphère des politicards pour rejoindre celles des actes subversifs…
Un séjour en prison après avoir dépassé toutes les bornes de la liberté d’expression serait inespéré pour le jeune leader qui en sortirait alors auréolé du stigmate du martyr indispensable quand on lutte contre des forces terribles et sans lequel on semble toujours un peu déshérité, méprisé… Autant dire au degré zéro de la crédibilité politique et même en deçà…

Mais que Birame se détrompe ou qu’il s’y prépare, il règne en prison une cuisine à la carte et si certains en sortent plus forts plus convaincus, d’autres réduits à un régime végétarien en sortent brisés, la queue entre les jambes ou l’esprit de travers… On peut vous briser là-bas à petits feux sans un coup, juste à l’usure dans le parfait oubli jusqu’à ce que vous ayez le temps de méditer sur le bout des doigts les fondements de votre cause !

Gare à vous si elle n’a pas un socle bien défini dur comme du marbre ! Gare à vous si au fond du trou vous découvrez que peut-être que vous y êtes allés un peu fort un peu vite sans avoir eu le temps de bien réfléchir aux enjeux, à la puissance de l’ennemi et surtout à la nature de vos forces et de vos troupes !

Gare à vous si pour toute force vous n’avez que votre langue qui accuse sans preuves et sans cibles sagement définies ! Gare à vous si votre combat ressemble à de la provocation pour vous faire une place parmi les gens qui comptent ! Gare à vous si vos troupes ne sont qu’une poignée de rêveurs n’ayant jamais goûté aux prix des rêves paradisiaques en terre infernale !

Aussi, nous mettons en garde Birame avant qu’il ne soit trop tard et qu’on perde une force qui dit souvent des vérités qui blessent mais qui souvent dérape sans qu’on sache vraiment ce qui l’anime sinon une volonté d’aller au trou pour subir le bizutage qui, sans vous tuer toujours, ne vous rend pas toujours plus fort ...

Birame ! la bichor !

Quand on accuse, il faut donner des noms précis, des exemples et des preuves et éviter les généralités « les maures » « les oulémas » « les généraux »

Quand on se bat contre l’esclavagisme, on ne peut éviter de condamner tout autant les esclavagistes négro-africains dont les sociétés sont tout autant féodales…

Quand on est honnête dans un pareil combat, on ne peut dédouaner les harratines d’avoir été le bras sanglant des maures contre les négro-mauritaniens….

Quand on est juste et responsable, on ne peut vouloir créer un front des noirs contre les blancs car ce serait criminel d’une part et inefficace de l’autre car nul leader lucide ne peut se permettre de faire fi des harratines épanouis dans le système n’ayant ni les mains sanglantes ni la conscience souillée.

Quand on veut être un leader d’une noble cause, il faut savoir rassembler d’abord, les siens, les victimes d’abord, et ensuite celles et ceux qui veulent aller de l’avant ensemble par progrès et non par racisme réactionnaire.

Quand on veut aller loin on ménage sa monture, le combat est beau et grand et la victoire si facile, il suffit pour cela de rassembler ! Comment rassembler quand on n’a pas un sou mais le cœur gros et la vision claire ? On regarde loin l’objectif, on scanne les forces du système et on nourrit un rêve ! Seul un rêve peut rassembler ! Seul un grand rêve crédible peut unir, transporter !

Rassembler d’abord, remplir l’âme des troupes d’un grand rêve, l’effet du rêve sur l’esprit fera le reste ! On n’arrête pas les idées de progrès, on n’arrête pas le progrès, on arrête les hommes mais les grands esprits sont ceux qui ont porté de grandes idées et ce sont ces idées qui ont germé quand le cœur des hommes et des femmes pour leur donner la force de se battre et vaincre…

Il ne faut pas confondre vitesse et précipitation, témérité et courage, il ne faut pas tenter le diable, il faut le saisir d’abord, sonder sa force et ses ficelles puis prier et foncer…

Le jour où les harratines ou le peuple tout simplement auront un guide spirituel convaincu, lucide et décidé, rien ne pourra les arrêter, rien ! Mais tant qu’ils n’auront que des individualités qui semblent s’agiter face à des forces mal sondées, nous assisterons toujours à des coups de grisou ponctuels qui ne libèrent ni les mineurs exploités ni ne détruisent la mine du malheur…

Hélas !

dimanche 21 novembre 2010

Dans les bras de son père…

S’il est vrai que la mère est tout
Le père, lui, n’est pas rien
Sans les bras d’un père
Il manque toujours une case

Sans les bras d’un père
On peut toujours courir
On n’arrive jamais à rien
On s’écroule juste avant

Sans les bras d’un père
L’univers est trop féminin
Comme trop bon trop con
Comme tout sans l'essentiel

Sans les bras d’un père
Ils ont tous en commun
La tête pleine d’étoiles
Et les pieds tout en argile

Sans les bras d’un père
Ils n’en sont pas moins forts
Mais c’est une force flottante
Une force sans pied-à-terre

Sans les bras d’un père
Tout est sable mouvant
Tout est brouillard
Tout est vent

L’amour d’une mère
Fait battre le cœur
L’amour d’un père
Fait battre le fer

Il rêvait des bras de son père
Pendant que son père rêvait d’être là
Ils se rencontrèrent dans leurs rêves
Et même là
C’était trop beau pour être vrai
C’est l’heure
Debout
Le fils se réveillant cherche toujours son père
Et son père qui ne dort plus
Se demande s’il est toujours père

Alors des voix lui font entendre
« non ! non ! c’est mon papa… »
Et voilà que les enfants s’enfuient

Souvenirs ! souvenirs !
Le paradis est un souvenir…

samedi 20 novembre 2010

Le saviez-vous : Francis Pizzorno repris de justice au cannet-des-maures…




Ce nom lui vient sans doute du fait, selon wiki, qu’au IX siècle les sarrasins occupent et pillent la région…

« Le Cannet-des-Maures (en occitan provençal : Lo Canet dei Mauras selon la norme classique ou Lou Canet dei Mauro selon la norme mistralienne) est une commune française ».

Là, l’ASEB (Association de Sauvegarde de l’Environnement en Brivadois) se bat et parle de nous en ces termes « Pire, l’insoutenable désinvolture avec laquelle Pizzorno traite les habitants de Nouakchott » en reprenant un article d’un canard de la place…

cliquez ici

Si vous êtes journalistes ou citoyens conscients, merci de contacter, Jackie Bourneton, le secrétaire de l’association pour lui transmettre photos, témoignages et documents permettant à la lutte pour la sauvegarde de l’environnement de continuer…

asebrioude@laposte.net

Chez nous, Pizzorno ne fait pas de tri sélectif mais juste de l’enfouissement. On fait un trou, on met une bâche puis on jette les tonnes et on enterre. Voilà ! Une cocotte où mijotent les poubelles avec pêle-mêle les déchets biodégradables emprisonnés et les déchets immortels, le tout condamné à moisir ensemble.

L’essentiel étant l’apparence !

Si c’est juste pour creuser un trou et jeter les déchets dedans, je ne vois pas l’intérêt d’aller jusqu’à Draguignan pour nous faire venir, à base de milliards d’ouguiya, une entreprise soi-disant « aux normes à la française »

Tu parles !

Quand on voit le logo de Pizzorno et qu’on sait qu’ils furent condamnés là où la justice règne en matière d’environnement, on se dit que ce n’est pas trois dauphins mais trois requins ! Pour une pareille prouesse, il eût peut-être mieux fallu investir les milliards annuels sur place : ce ne sont pas les bras affamés au chômage qui manquent encore moins les terrains vagues pour superviser nous-mêmes de vulgaires trous !

De toute façon, c’était trop beau pour être vrai ! Une entreprise formidable venir chez nous, en Afrique, où tout est permis ! Non ! C’était trop beau pour être vrai ! Avec ce souci de l’environnement, c’est pas étonnant que le magreb dope le chiffres d’affaire du groupe condamné par la justice française en août dernier :

« Le tribunal correctionnel de Draguignan a vidé ce jeudi son délibéré, dans le procès fait le 24 juin dernier à la société Sovatram et à son gérant Francis Pizzorno, s’agissant de l’exploitation irrégulière du casier n° 3 du centre d’enfouissement du Balançan au Cannet-des-Maures.

Condamnée pour exploitation non autorisée d’une installation classée pour la protection de l’environnement, entre le 1er juillet et le 31 décembre 2006, la société a été sanctionnée de 20 000 € d’amende, et son gérant par 5 000 € d’amende.

Des amendes de 7 500 € pour la Sovatram et 1 500 € pour Francis Pizzorno ont par ailleurs été prononcées pour exploitation non conforme… »

http://www.varmatin.com/article/faits-divers/balancan-au-cannet-le-groupe-pizzorno-condamne

Ah ! la justice…ça laisse rêveur…



jeudi 18 novembre 2010

Tasiast : à propos du cyanure, voici les chiffres qui tuent !



Après ça, inutile d’être surpris de voir les animaux et les hommes tomber suite à la pollution de l’environnement à base de tonnes de cyanure ! On a tout dit à ce sujet, tout le monde a compris que l’or qu’on nous prend ne nous rapporte pas grand-chose face à la pollution et le pillage.

Mais jusque-là, on n’a jamais eu clairement de chiffres pour savoir combien Tasiast rapporte aux sociétés étrangères et combien de tonnes de cyanure utilise-t-on pour ce macabre pillage à ciel ouvert et empoisonnement sans précédent sinon les déchets nucléaires israéliens, si on en croit Ahmed ould Daddah qui à l’époque sonna l’alarme à ses dépens…


Saviez-vous que pour « L’extraction de 20 g d’or (un bracelet) requiert 50 000 litres d’eau, 150 litres d’essence, émet 415 kg de CO2, 18 kg d’oxyde de souffre, 40 g de mercure, plomb, cyanure ou arsenic et 20 tonnes de déchets miniers. ».

Pour 20 gr d’or, 50.000 litres d’eau et 40 gr de cyanure ! Faisons les calculs à partir des déclarations du ministre des mines au micro de l’innocente Laura martel de R.F.I enthousiaste comme une enfant heureuse pour nous. Selon le ministre, Tasiast a produit 230000 onces d’or cette année et il est prévu de pousser la production dans 3 ans à 1 million d’onces.

En novembre dernier, l’once d’or a atteint 1400 dollars !

Voyons le profit de ce cocktail explosif, morts à l’appui… eau, cyanure et pillage…

Une once équivaut à environ 31 gr. Tasiast a produit cette année 230000x31gr = 7,130 tonnes d’or ! Pour une valeur de 322 millions de dollars dont la Mauritanie aura entre 10 et 20 millions. Et pour ça, à tasiast on utilise 14,26 tonnes de cyanure rejetés dans la nature après avoir été stockés à ciel ouvert. Quant à l’eau utilisée pour 230000 onces d’or : 17,825 milliards de litres soit 17,825 millions de m3 soit près d’un an la consommation d’une ville comme Nouakchott qui était de 53000 m3/j juste avant Aftout Essahli.

Je ne sais quelle eau ils utilisent à Tasiast, j’espère que c’est la mer, mais MCM a utilisé l’eau minérale de Benichab ! Le tout dans un pays désertique où l’eau est un trésor.

Alors je vous laisse imaginer ce qui se passera avec le cyanure quand, comme dit le ministre, on poussera la production à 1 million d’once par an dans trois ans et pour plusieurs années !
1,4 milliards de dollars pour la société au taux de l’once actuel
62 tonnes de cyanure par an pour la Mauritanie, ainsi qu’un maigre pourcentage pour l’état car le manque à gagner est gagné officieusement par ces mains grasses nationales qui s’en tapent impunément de l’état et de l’environnement…

Pour en savoir plus notamment à propos de l’or équitable voir le blog de Patrick Schein

http://www.patrickschein.com/blog/
http://www.atgold.lu/planete.php
http://www.latribune.fr/actualites/economie/international/20101109trib000571126/brusque-envol-de-l-once-d-or-sur-fond-de-rumeurs-liees-a-la-zone-euro.html

mercredi 17 novembre 2010

Le génie mauritanien à l'état pur !



adrar.info via khalil sow nous apprend qu'" A l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance nationale, le professeur d’anglais au lycée d’Atar El Hassen Ould Ahmed Ould Moctar a décidé de mettre en ligne certaines des riches idées qui bouillonnent dans son esprit.

Sous le parrainage bienveillant du Wali de l’Adrar et le concours utile du directeur du centre de formation professionnelle (CFPP) d’Atar, The teatcher a conçu un prototype d’avion qu’il compte lancer dans le firmament d’Atar le 28 novembre prochain. "

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Félicitation pour ce drone « made in mauritania », il est à l’image de ce pays après 50 ans d’indépendance : audacieux et aveugle comme tout amoureux de son bien… J’espère que l’armée nationale saura le produire en série en ces temps de lutte contre l’AQMI et faire la fortune du constructeur même si on ne respecte par toujours les droits d’auteur ni de propriété dans ce pays.

Mais pourquoi ne pas y mettre un pilote ? Le constructeur devrait au contraire s’installer lui-même aux commandes et aller tenter le coup en sautant d’une kidieue de l’Adrar… Pourquoi tant d'hésitations ; il faut y aller pour montrer comme il dit « qu’après 50 ans, il est temps que les fils de la Mauritanie traduisent concrètement leurs idées en utilités. Ils ne doivent pas continuer à théoriser indéfiniment pendant qu’ils dépendent vilainement de l’intelligence des étrangers ».

Félicitation donc ! Et si le constructeur tient à garder les pieds sur terre, il faudrait qu’il nous fasse aussi un sous-marin made in mauritania pour lutter contre l’immigration clandestine… Il trouvera facilement des pilotes d’essais si la trajectoire mène vers l’Espagne… Une façon comme une autre de mettre à profit tous les candidats à l’immigration… qui sait ? Peut-être alors aurions-nous le premier africain à traverser l’atlantique sous la mer grâce à une machine magnifique 100% mauritanian spirit…

La solution pour la lutte contre l'immigration: tout le monde à l'eau pour la gloire de la technologie nationale et le premier qui refait surface a droit, cette fois, à tester l'avion... Le tout bien entendu en étroite collaboration avec l'Espagne, le Portugal, la France jusqu'à l'Italie... qui s'engageraient à délivrer un visa définitif à ceux qui pourront via notre science 100% nationale fouler leur sol; c'est cela l'immigration choisie !

Vraiment la Mauritanie est un pays formidable ! Que de génies ignorés !
Bravo !

mardi 16 novembre 2010

Il s’appelle Mamadou Anne…

video

Au ministère de la culture, très souvent, on lui demande s’il n’est pas sénégalais… C’est sans doute l’un des rares artistes mauritaniens à être un artiste total. Si on me demande : connaissez-vous des artistes plasticiens mauritaniens qui sont des artistes H24, artistes car ils baignent chacun dans un univers à part, artistes car ils sont des singularités dans le paysage culturel, artistes car ce sont de très fortes personnalités, artistes car ils ne peuvent vivre sans peindre, artistes car ils ont chacun une trajectoire émotionnelle extrême ayant tout vu de la vie et la lumière et les ténèbres ?

Je répondrais sans hésiter que l'un des plus profonds d'entre tous à mes yeux, celui qui est plus dans son univers mental qu’avec nous, c’est bien Mamadou Anne ! J’en ai parlé souvent avec des collectionneurs et de vrais amateurs d’art contemporain, tous sont d’accord avec moi.

D’autres sont aussi formidables, mais il n’y en a pas tant et si je devais aller dans une île et emporter les œuvres qui me rappelleraient de sacrés personnages, j’emporterais alors Mamadou Anne, mokhis, sidi yahya, mohamed aly, l’incroyable Hamed et ses chameaux uniques au monde et sa vie et ses contes.

Voilà bien des artistes hors normes, les pionniers autodidactes des arts plastiques en Mauritanie. Alors quand je vois que sur le site officiel du cinquantenaire, rubrique culture et patrimoine, rayon œuvres d’artistes plasticiens : il n’y a que trois noms et le premier c’est un sénégalais M.K et pas de Mamadou Anne le mauritanien, vieux peintre parmi les peintres ! Pionner parmi les pionniers, là ! Je dis « ça ne va pas »

cliquez ici


J’entends d’ici, tous les autres artistes qui m’en veulent de ne pas les avoir cités, “ écoutez les amis, vous n’avez ni son âge, ni sa trajectoire, nous avons toute la vie pour parler de vous, inch’allah ». Tous les jours, j’ai peur que disparaisse Mamadou Anne sans jamais qu’il ne soit reconnu par le ministère de la culture comme un grand artiste plasticien mauritanien.

C’est une honte ! Ce mépris du ministère des ignorants pendant que l’Algérie l’a déjà invité plusieurs fois, tous frais payés, pour le revoir… lui et d’autres…
Comme c’est une honte de savoir les artistes à la rue pendant qu’un grand espace est dédié à la biodiversité del veyavi en face du musée avec les cabanes pour la maison des cinéastes qui n’ont besoin de rien… Combien de fois ont-ils écrit pour avoir un petit terrain, n’importe quoi pour qu’ils fassent vivre un village des arts ?

Mais le ministère de la culture, la C.UN s’en tapent royalement… A tel point qu’il paraît que la ministre de la culture a fait savoir qu’elle ne ferait pas le déplacement de quelques mètres de son bureau au vernissage de l’exposition pour participer au cinquantenaire de l’indépendance financée par l’ambassade des U.S.A.

J’espère vraiment que c’est une blague ! La ministre fait-elle si peu de cas des ambassadeurs qui feront le déplacement ?

Nous verrons… mais c’est déjà tout vu ! Allez voir le site officiel du ministère de la culture,

cliquez ici

il n’y a quasiment que la photo et le C.V de la ministre ! Tout est dit ! Moi ! Moi ! Moi ! Quant à l’essentiel… Qu’importe !
Nul n’est prophète en son pays…
hélas...
Mamadou Anne
Tel.: 00222 6336246

lundi 15 novembre 2010

Voilà que Pizzorno embarque les pauvres…




Cette photo est terrible car elle montre Pizzorno avec la police, main dans la main. Est-ce que les charrettes et les charretiers font partie des poubelles ? Au chapitre de l’ingratitude, il faut rappeler deux choses : Aziz a été élu au nom de la pauvreté sans doute intellectuelle sinon on imagine mal comment des pauvres sains d’esprit voteraient de nouveau pour lui quand on voit comment la classe nantie, qui a mangé à tous les râteliers de la gabegie, stigmatise les pauvres.

Pour le cinquantenaire et juste pour un jour, il faut nettoyer la ville, même de ses pauvres ! Les pauvres qui sont la majorité du pays et au nom desquels le pays mendie partout, ces pauvres doivent rester hors de la ville « R.V » : ville qui s’enrichit grâce à leur misère car c’est la misère des pauvres qui justifie toutes les aides au développement qui font tourner l’économie, les salaires des élus et leur train de vie jusqu’à celui du chef de l’état !

Alors doucement avec les pauvres !

Deuxièmement, Pizzorno est mal placé pour venir s’en prendre encore une fois aux charretiers car avant Pizzorno c’est les âniers qui se chargeaient de prendre les poubelles devant chaque maison. Que sont devenus tous ces enfants qui vivaient de ces petits métiers sans lesquels Nouakchott eût été alors encore plus sale ? Pizzorno les ont-ils scolarisés ? Ce sont-ils préoccupés d’eux ?

Tu parles ! Cachez cette misère qu’on ne saurait voir !

Sacré cinquantenaire ! Jusqu’à Zouerate pour la venue du président, les autorités se gargarisent de vouloir rendre la ville propre pour le souverain, et après ? Et avant ? Aziz a été élu par des pauvres pour des pauvres et s’il faut lui faire plaisir c’est surtout œuvrer jour et nuit pour le progrès et non juste avant son passage dans une ville, c’est honteux, cela rappelle les vieilles dictatures où l’on peint les façades du parcours pour berner le tyran qui se croit éclairé !

Quant à Pizzorno ! Voyez la lamentable pub sur cridem où tout est dit ! J’espère que mon ami Claude k ne m’en voudra pas car il n’y est pour rien. Cette pub où on vous annonce « Nouakchott ville propre » que fait pizzorno pour illustrer leur inestimable prouesse? Ils ont pris une photo de Nouakchott vue du ciel et de nuit ! C’est comme si pour vous montrer l’efficacité d’un dentifrice, on vous mettait le doigt dans l’œil pour vous indiquer le blanc !

Chassez les pauvres hors de la ville, hors du centre de vos tristes affaires ! La Mauritanie restera pauvre et ces intellectuels aussi sales ! La Mauritanie appartient aux pauvres ! Ces mêmes pauvres dont les policiers devant le marché jettent et écrasent leurs pauvres biens pour rendre tout cela propre !

Ce n’est ni une méthode ! ni une vision ! Ce n‘est rien que du camouflage éhonté !

Tous les élus, tous les fonctionnaires, même Aziz doit tout aux pauvres ! Doucement avec les pauvres, ils ont plus de mérite que vous car on les vole, ils se taisent, on les chasse, ils ont honte, honte d’être pauvres, ils se sentent sales et pauvres, ignorants et affamés et ils votent pour vous !

La bichor !

Je vous laisse avec cette déclaration « Au mois d’octobre dernier, la Communauté Urbaine de Nouakchott (C.u.n.) avait publié un communiqué interdisant "la circulation des ânes dans le centre ville et au voisinage des institutions publiques".
"Cette campagne s'inscrit dans le cadre de la préservation de l'image urbaine de la capitale, du fait que c'est la vitrine du pays qui reflète le degré de son développement", avait justifié la Communauté Urbaine de Nouakchott, dans le même communiqué. »

La vitrine du pays c’est sa population ! Et la population est majoritairement dans un état lamentable car elle vit sous l’abandon, pillée par son élite ou quelques médiocres criminels en boubous blancs.

Pour le cinquantenaire, il fallait plutôt être en deuil national ! Le temps de faire quelque chose de ce pays. Il n’y a nulle part de quoi pavoiser encore moins chasser et stigmatiser les pauvres qui représentent 42% de la population selon un rapport du pnud ! Si on y ajoute celles et ceux qui cachent leur misère, on dépasse les 50%, si on ajoute celles et ceux qui ont juste de quoi manger simplement à leur faim, se vêtir et se loger et qui croulent sous les difficultés innommables pour y arriver on arrive à 70%.

bonne fête !

samedi 13 novembre 2010

Aziz ne va jamais à la plage : la preuve !



Ce que vous voyez là, ne se situe pas à la périphérie de Nouakchott ou dans quelques quartiers pauvres de la ville. C’est tout simplement ce qui reste du goudron dans l’une des grandes routes les plus empruntées de la capitale « la route de la plage ».




Il faut croire que les inestimables visites inopinées du président des pauvres ne le mènent jamais se promener du côté de la plage sur cette route principale qui mène au port au 5 ème, à basra, neteug et autres immenses quartiers populaires sans éclairage public.




Quand on arrive à ce goudron en quittant le dernier rond-point à l'ouest de la capitale, on sent qu’on quitte la zone de la « politique », on sent qu’on passe dans le monde réel ! Celui de la classe moyenne décomplexée qui va prendre l’air et à gauche celui des citoyens plus modestes et des pauvres tout court. Le tout en passant devant l’entrée du ministère du pétrole !



Le ministre du pétrole va-t-il au travail en hélicoptère ou arrive-t-il dans son bureau comme une taupe via une galerie secrète ? Comment une telle route si fréquentée peut-elle rester si longtemps à l’abandon au point que le goudron ait disparu depuis des siècles pour laisser place à des gouffres sans nom ?

Quand on pense qu’on a vu récemment fleurir à Tevrag-zeina des goudrons dans des ruelles insignifiantes juste parce que quelqu’un ou quelques uns ont le bras suffisamment long pour réussir à faire passer le goudron devant chez eux ou devant leurs boutiques, comment laisser une telle artère de la capitale dans un tel état depuis si longtemps ?



Le mépris tout simplement ! Le mépris de la classe moyenne qui vit de l’autre côté et le mépris des pauvres qui vivent tout autour ! Rien ne peut justifier un tel abandon. Vivement qu’Aziz aille faire une baignade !

Hier en y allant, j’ai vu que le rond-point a été creusé. Peut-être qu’enfin cette route va être regardée avant le 28 novembre ! 15 jours pour tout régler ! Tu parles ! On verra s’ils le feront ou s’ils ne feront rien car les pauvres et la classe moyenne ne sont pas une priorité sauf si Aziz décide d’aller se rincer l'oeil par-là.

Le tout en face du ministère du pétrole !




En ce jour où on nous parle d’un investissement 1,5 milliard de dollars sur trois ans pour faire passer la production de tasiast de 230000 à un million d’onces par an, à l’heure où on ne parle que de faire de la Mauritanie la prochaine grande mine d’or du monde, à l’heure où l’on parle de la snim qui verra passer sa production à 20 millions de tonnes par an, à l’heure où l’on parle de diamant, d’uranium… et un peu moins de cyanure...

Une pensée pour avant-hier où l’on parlait de la mer la plus poissonneuse au monde et une pensée pour hier où comme aujourd’hui on nous disait que nous serions le Qatar grâce au pétrole !

Le temps est passé et voilà ce qu’il reste sur la route de la mer la plus poissonneuse et face au ministère du pétrole !
Des poissons sans saveur, du pétrole sans odeur, du fer sans teneur, et maintenant de l’or sans couleur !

C’est l’éternelle Mauritanie manivelle…

jeudi 11 novembre 2010

La république entre nous et le royaume…

Après l’attaque des forces marocaines contre le camp sahraoui, le moins qu’on puisse dire, c’est qu’à Nouakchott le silence est d’or ! Il faut croire que l’or vienne du Maroc ou qu’il s’y trouve pour les vacances dorés. C’est toujours mieux que le plomb ! Pour des enfants de la république mauritanienne, ce silence, face au drame sahraoui, est fascisant !

A Nouakchott, la peur du makhzen est partout. Il y a de quoi avoir peur ! Car le Maroc peut tout ici, même venir me chercher moi et m’envoyer « à la mère patrie » comme ils disent ; qui me défendrait « chez moi » ? Ici, on a peur de tout, du Maroc et de l’Algérie. La neutralité active de notre gouvernement est plus justifiable que le silence éhonté de nos intelleaux qui ne peuvent même plus taire leur connivence à défaut de défendre le défendable dans cette affaire.

D’abord condamner toujours l’usage de la force contre les civils désarmés quels qu’ils soient, sahraouis ou palestiniens, et espérer la seule issue raisonnable et juste : celle qui exige un référendum pour demander aux sahraouis ce qu’ils veulent ; car si les marocains estiment qu’il fait si bon vivre sous l’occupation, pourquoi craignent-il de voir les sahraouis s’exprimer à ce sujet ?

Ce serait un début de démocratie où l’issue reviendrait à pouvoir dire aux marocains « nous ne voulons pas de votre Roi, nous voulons une république ». On comprend aisément que jamais le Maroc ne pourra accepter ne serait-ce que la possibilité de demander à des sujets présumés d’accepter ou de briser les chaînes qui les lient à leurs maîtres !

Le Maroc n’acceptera jamais, c’est son droit ! Libre à lui ensuite d’affronter les forces qui s’opposent à cette philosophie féodale, mais qu’en est-il du nôtre ?

A-t-on le droit de défendre l’idée d’un référendum sans être un militant, juste dire voici mon avis ou plutôt mon opinion de citoyen républicain ? Est-ce possible sans avoir sur le dos toutes les forces du makhzen ici et ailleurs ? Est-ce possible de défendre la voix marocaine dans cette affaire sans avoir les sahraouis et les algériens sur le dos ?

Si vous êtes mauritaniens, vous avez le droit et devoir d’être toujours du côté de la république contre la tyrannie même éclairée, ce doit être une position intellectuelle sacrée et dire toujours très haut qu’être le fils d’une république quelle qu’elle soit même sous une dictature militaire civilisée ce n’est jamais comme vivre sous un régime qui vous dit « vous êtes les sujets éternels de cette famille éternelle ».

Libre aux marocains d’être royalistes, libre aux républicains d’être républicains.

Mais surveillés chez nous et vivre sous la terreur au point que personne n’ose plus dire un mot sur ce drame à nos portes, c’est vivre comme des sujets du Maroc ou des otages de l’Algérie.
Pour ma part, citoyen lambda d’une république à genoux mais république toujours, n’ayant de maître que Dieu et d’horizon que le rêve de plus de droit et moins de tyrannie, je condamne de ma faible voix toute politique visant à priver les sahraouis de leurs droits absolus et non négociables de choisir par référendum leur destin.

Le Maroc est plus puissant que mon pays dans tous les domaines mais il y a quelque chose que nous avons que les marocains n’auront hélas jamais de sitôt : c’est le droit de choisir ceux qui nous gouvernent et même si ce n’est jamais toujours ni juste ni loyal, il n’en reste pas moins que ceux qui nous dirigent ne nous demandent jamais de les vénérer, d’embrasser leurs mains ou leurs pieds, de nous prosterner devant eux car ils sont humains et nous sommes musulmans et donc esclaves que de Dieu.

Cette liberté n’est pas rien. Cette liberté, c’est la vie !

J’y tiens même pauvre même désarmé et pour rien au monde je n’échangerais une lettre de ma nationalité pour vivre comme un sujet même heureux, car n’avoir personne sur la tête entre vous et Dieu, c’est cela qui est un droit divin ! Mais vivre en ayant dans l’esprit des chaînes mentales où vos pensées naissent en n’ayant que le droit à une élévation restreinte fruit d’un conditionnement qui les arrête là où commence le pouvoir de la famille régnante, non merci…

Je tiens à pouvoir dire au pouvoir si ça me chante « aux prochaines élections, vous irez au diable inchallah », je tiens à toujours pouvoir penser que la victoire n’est pas loin même si les démocrates perdent batailles sur batailles ! Qu’importe les batailles perdues ! Pourvu que jamais ne cesse la guerre pour l’accomplissement d’une démocratie réelle, gouvernée et défendue par des citoyens libres dans leur tête car n’ayant que Dieu pour maître !

Je tiens à ces petits riens qui font l’homme libre et à la veille de notre fête d’indépendance, je les souhaite à tous ceux qui en rêvent qu’ils se battent pour ou non…